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La construction métallique..Un état critique

De fortes tensions de trésorerie chez Delattre Levivier

Tout le secteur blacklisté par les banques

Buzzichelli en redressement judiciaire et Stroc Industrie au bord de l’abîme, le secteur de la construction métallique lourde traverse un de ses pires moments. Le plus inquiétant est que cela dure depuis quelques années. Les revenus de Stroc Industrie se sont effondrés à 138 millions de DH en 2017. Son dernier exercice bénéficiaire remonte à 2014.

De son côté, Delattre Levivier a affiché des indicateurs en forte progression avec un chiffre d’affaires en hausse de 28% et un bénéfice qui a grimpé de 44%. Derrière ce tableau, la société fait face à une crise profonde de trésorerie. «Nos fondamentaux sont solides et nous n’avons pas de problème de chiffre d’affaires ni de résultat. Mais nous avons une forte tension sur la trésorerie», reconnaît Eric Cecconello, administrateur directeur général de Delattre Levivier Maroc.

Deux dossiers, dont l’un est en arbitrage international, plombent la société cotée en Bourse. Devant l’échec des négociations à l’amiable avec l’un de ses clients, Delattre Levivier a porté le dossier devant la Chambre de Commerce Internationale (ICC) à Paris pour un règlement.

La procédure a démarré en septembre 2016 et a été clôturée en mai dernier. La Chambre dispose de trois mois pour se prononcer. L’entreprise sera donc fixée d’ici fin août. La sentence arbitrale est exécutoire et sans appel. Delattre Levivier espère récupérer plusieurs dizaines de millions de DH.

Un autre dossier sur lequel les rentrées de fonds attendues sont tout aussi importantes fait toujours l’objet de négociation avec General Contractors. «Il ne s’agit pas d’un dossier conflictuel, mais d’une résolution de fin de projet sur laquelle la négociation du décompte définitif est en cours», tient à préciser le dirigeant de Delattre Levivier.

«Nous devons arriver à une clôture qui convienne à tout le monde», explique-t-il. Les discussions portent entre autres sur les indemnisations de retard et de travaux supplémentaires…  «Ce sont des sujets classiques sur nos contrats», estime l’administrateur directeur général.

Malgré un carnet de commande bien rempli (1,8 milliard de DH) et de nombreuses opportunités à saisir, les difficultés de trésorerie sont susceptibles de contrarier le développement de Delattre Levivier.

Le contexte complique les négociations avec les prêteurs, en particulier les banques pour mobiliser des financements supplémentaires. «Le secteur est chahuté et très mal noté. Les problèmes de Buzzichelli et de Stroc Industrie impactent négativement l’appréciation que les banques font de notre dossier», confie Cecconello.

Pour s’octroyer un peu de marge de manœuvre, la société va faire appel à ses actionnaires en leur proposant la conversion optionnelle du dividende 2017 en actions. Delattre Levivier prévoit de distribuer 6,9 millions de dividendes à partir de septembre prochain.

Aujourd’hui, les fournisseurs subissent les effets collatéraux des problèmes de trésorerie de Delattre Levivier. Les dettes fournisseurs se chiffrent à 385 millions de DH. La société règle ses prestataires à plus de 100 jours. Malheureusement c’est devenu la norme sur le marché alors que la loi prévoit 60 jours.

Les grandes entreprises paient en moyenne à 113 jours et les PME à 96 jours. Volontaires ou subies, ces pratiques polluent l’environnement des affaires. Il y a ceux qui bafouent la loi et ceux qui sont contraints de reporter les retards qu’ils subissent sur leurs fournisseurs.

Le virage vers les services

Au-delà de régler ses problèmes de trésorerie, Delattre veut accélérer son développement dans les services. A mesure que le pays s’industrialise, les besoins en services vont augmenter. «Il est primordial que nous renforcions nos positions dans le domaine des services aux industries. C’est une orientation lourde du secteur sur les cinq prochaines années et il ne faut pas rater ce virage», analyse l’administrateur directeur général de Delattre Levivier Maroc. D’ici 2020, l’entreprise veut renforcer le poids de ce pôle à 25% du chiffre d’affaires contre 10% actuellement.
A l’étranger, le groupe attend une amélioration de la conjoncture sur certains marchés subsahariens. L’international génère 25% du chiffre d’affaires de Delattre Levivier Maroc. Le business se porte bien en Côte d’Ivoire et au Sénégal, deux pays dans lesquels la croissance est dynamique. En revanche, le contexte est plus difficile au Congo et en Guinée Equatoriale. «Nous ne pouvons pas croître comme nous le souhaitons. Mais, nous ne perdons pas de l’argent sur nos activités dans ces deux pays», indique Cecconello. L’entreprise a dans le viseur le Cameroun, mais n’y prévoit pas une implantation avant 2019 ou 2020.

l’économiste

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